Gestion des ressources naturelles

Le Département de recherche en gestion des ressources naturelles et systèmes de production est chargé de veiller au renforcement des liens fonctionnels avec les délégués régionaux. Principal interlocuteur entre la Direction de l'INERA et les autres instituts du CNRST, il coordonne les appuis apportés par les projets et les structures de développement en matière de gestion des ressources naturelles.

C'est un programme transversal qui complète et renforce les autres programmes de recherche dans la région.
Les études et recherches sont conduites dans un cadre pluridisciplinaire et participatif en vue de mettre au point des outils et techniques performants adaptés aux conditions de la région tout en assurant une utilisation durable de ressources.

En matière de GRN/SP, les contraintes sont nombreuses mais leur nature, importance, étendue et sévérité sont fonction des cinq régions agro-écologiques correspondant aux régions de recherches environnementales et agricoles de l'INERA. Parmi les plus communes, on peut citer :

  • l'agriculture extensive et itinérante qui dégrade des sols déjà fragiles sur lesquels sont pratiqués des systèmes de production peu productifs ;
  • l'utilisation traditionnelle de l'espace qui en- traîne problèmes fonciers et conflits, notamment entre communautés d'éleveurs et agriculteurs ;
  • la conduite des élevages tout au long de l'année qui provoque une dégradation des parcours naturels et une mauvaise exploitation de la végétation naturelle, notamment des fourrages ligneux ;
  • la longueur de la saison sèche dans la majeure partie du pays qui dépasse les quatre mois; il en résulte une faible disponibilité en eau et en pâturages pour les animaux.

Choix stratégique de la recherche en GRN/SP
Une prise de conscience collective sur la nécessité de gérer de façon durable les ressources naturelles se fait jour, soulignée par les conclusions du Sommet de Rio (juin 1992) ainsi que par les con- séquences souvent catastrophiques de la dégradation de l'environnement.
La stratégie en matière de GRNISP s'insère dans le cadre global de la politique du gouvernement burkinabé tout en s'efforçant de répondre aux spécificités régionales par la mise en place d'équipes pluridisciplinaires dans toutes les régions a recherche agricole et environnementale. Les équipes régionales anciennes (Centre et Ouest) jouent un rôle de leader dans le développement de méthodes participatives en la matière alors que les nouvelles (Nord-Ouest, Sahel et Est) se consacrent plus particulièrement à l'identification des contraintes régionales spécifiques et à la mise au point des innovations permettant de lever ces contraintes. Une équipe centrale basée à Kamboinsé est chargée de l'appui scientifique aux équipes régionales.

La planification et l'exécution des programmes de développement et de recherche ont longtemps suivi une approche « de haut en bas », sans que les responsables aient toujours une connaissance approfondie du terrain et sans concertation avec les populations bénéficiaires. Une révision de la situation a donc été nécessaire pour accroître l'impact de la recherche et du développement sur les conditions de production des petits paysans. Une approche systémique était nécessaire: d'où la naissance de la « Recherche Systèmes de Production » (RSP).

Résultats saillants
Mise au point des formules économiques d'engrais pour les principales cultures vivrières (Projet Engrais vivrier)
Des essais ont été réalisés sur l'ensemble du territoire national. Cette étude avait pour objectifs la mise au point de formules de fumure rentables pour les cultures céréalières (sorgho, mil, maïs), moins coûteuses que la formule classique vulgarisée selon la zone
agro-écologique, et une meilleure utilisation des ressources locales en phosphates et en matière organique pour le maintien et l'amélioration de la productivité des sols.

L'étude a été conduite par trois équipes pluridisciplinaires de prospection pédologique, d'agro- météorologie, d'expérimentation multilocale dans trois zones agro-écologiques homogènes du Burkina Faso déterminées selon trois critères: pluviométrie, pédologie et systèmes d'exploitation : zone A: pluviométrie inférieure à 600 mm, zone B : pluviométrie comprise entre 600 et 800 mm, et zone C : pluviométrie supérieure à 800 mm.